LE THÉ VERT CHINOIS & LE MARCHÉ MAROCAIN
Une histoire commerciale devenue une véritable histoire de goût
Au Maroc, le thé occupe une place à part.
Il accompagne les rencontres, les conversations et les moments de convivialité. Il se prépare avec de la menthe, souvent avec du sucre, se sert dans de petits verres et se partage avec les invités.
Mais derrière ce rituel profondément marocain se trouve une matière première qui vient, pour l’essentiel, de Chine : le thé vert.
En 2024, le Maroc a importé près de 79 000 tonnes de thé, toutes catégories confondues, dont plus de 77 000 tonnes en provenance de Chine. Pour le thé vert en vrac relevant du code HS 090220, la Chine représentait à elle seule environ 99,6 % des volumes importés par le Maroc cette année-là.
Comment expliquer une relation commerciale aussi étroite ?
Et surtout, pourquoi certains thés verts chinois répondent-ils si bien aux habitudes de consommation marocaines ?
Voici 17 éléments pour comprendre cette relation particulière.
01. LE MAROC EST UN PAYS DE THÉ
Dans de nombreux pays, le thé est une boisson parmi d’autres. Au Maroc, il occupe une place centrale dans la vie quotidienne et dans l’hospitalité. Le thé à la menthe est associé à l’accueil, au partage et aux moments passés ensemble. Cette place culturelle crée naturellement une consommation régulière et une demande structurelle importante en matière première. Ici, le thé n’est pas simplement consommé : il fait partie du quotidien.
02. LE THÉ MAROCAIN EST AVANT TOUT UN THÉ VERT
Lorsque l’on parle du thé marocain traditionnel, on pense généralement au thé à la menthe. Mais la menthe n’est qu’une partie de la préparation. La base est traditionnellement constituée de thé vert, auquel sont ajoutés la menthe et le sucre. C’est cette association qui explique pourquoi le marché marocain présente une demande particulièrement forte et continue pour le thé vert.
03. ET CE THÉ VERT VIENT MAJORITAIREMENT DE CHINE
La relation commerciale entre le Maroc et la Chine dans le secteur du thé est particulièrement ancienne et structurée. Les statistiques commerciales de 2024 montrent que la Chine représentait près de 98 % des importations marocaines de thé en volume, tous thés confondus. Pour le thé vert non conditionné relevant du code HS 090220, sa part dépassait 99 %. Cette position ne repose donc pas uniquement sur la compétitivité des prix, mais sur des habitudes de consommation établies, des filières d’approvisionnement éprouvées et une parfaite adéquation des thés chinois aux attentes du marché.
04. POURQUOI LE GUNPOWDER ?
Parmi les thés verts chinois, le Gunpowder occupe une place emblématique au Maroc. Ses feuilles roulées en petites billes compactes offrent une excellente résistance à la manipulation, au transport maritime et à la préparation. Surtout, elles donnent une liqueur adaptée à une méthode de préparation marocaine qui recherche du caractère, de la couleur et une tenue irréprochable en tasse. Le Gunpowder n’est pas devenu populaire par hasard : sa forme et son comportement à l’infusion correspondent à un usage précis.
05. LA FORME DE LA FEUILLE A SON IMPORTANCE
Une feuille de thé raconte déjà une partie de son histoire. Dans le cas du Gunpowder, les feuilles sont roulées et compactées pour former de petites perles denses. Cette forme garantit une grande stabilité au produit et régule la libération des arômes pendant l’ébullition. Sur un marché où le thé est préparé régulièrement et parfois en grande quantité, cette régularité d'extraction constitue un avantage déterminant.
06. LE CHUNMEE A AUSSI SA PLACE
Le Gunpowder n’est pas le seul thé vert chinois apprécié sur les marchés d’Afrique du Nord. Le Chunmee (notamment les grades d'excellence comme le 41022), reconnaissable à ses feuilles plus fines et légèrement courbées, est également très prisé. Il répond à d’autres préférences en matière d’arôme, de vivacité et d’intensité. Pour les professionnels, cette diversité permet de construire une gamme complète adaptée à différents segments de prix et profils de consommateurs.
07. AU MAROC, LE THÉ DOIT AVOIR DU CARACTÈRE
Le thé marocain traditionnel n’est pas recherché pour une subtilité trop discrète. Il doit conserver toute sa personnalité au milieu de la menthe fraîche, du sucre et d’une ébullition généreuse. Le choix du thé est donc stratégique : un thé trop léger perd son identité, tandis qu'un thé trop agressif déséquilibre la tasse. Tout le savoir-faire consiste à trouver l'équilibre parfait.
08. LA COULEUR COMPTE AUSSI
Pour les consommateurs, l’apparence de l’infusion fait partie intégrante de l’expérience. La couleur dorée, la limpidité et l’intensité visuelle participent directement à la perception de la qualité. Dans une culture où le thé est préparé devant les invités puis servi dans des verres transparents, la boisson se regarde autant qu’elle se déguste.
09. LA MENTHE TRANSFORME LE THÉ SANS EFFACER SON IDENTITÉ
La préparation marocaine repose sur une harmonie entre plusieurs éléments : thé vert, menthe, sucre et eau. Le thé doit être suffisamment corsé pour soutenir l’ensemble. C’est ce qui explique l’exigence accordée au choix de la matière première : le rôle du thé vert n’est pas de s'effacer derrière la menthe, mais de constituer la charpente de la boisson.
10. LE SUCRE FAIT PARTIE DE L’EXPÉRIENCE
Dans la tradition marocaine, le sucre joue un rôle fondamental dans l’équilibre final en bouche. Cela impose des critères très stricts aux importateurs : le thé sélectionné doit posséder assez de corps et de longueur pour préserver son profil aromatique au contact du sucre. Un thé destiné au Maroc se conçoit toujours en fonction de cette dégustation finale.
11. LE THÉ EST UN GESTE D’HOSPITALITÉ
Au Maroc, servir le thé est un cérémonial. La théière ciselée, les verres, la menthe, la hauteur du service et l’écume (regga) contribuent à l’expérience. Cette dimension culturelle est essentielle : le consommateur n’achète pas seulement une matière première, il perpétue un art de vivre et une tradition d’accueil.
12. UN THÉ CONSOMMÉ SEUL… MAIS SURTOUT PARTAGÉ
Le thé ponctue les repas, les visites, les réunions familiales et les affaires du quotidien. Cette consommation collective et répétée rend la régularité du produit indispensable pour les importateurs et distributeurs : le consommateur doit retrouver exactement le même profil gustatif d’un paquet à l’autre.
13. LA RÉGULARITÉ EST AUSSI IMPORTANTE QUE LE PRIX
Dans le négoce international du thé, un prix compétitif ne suffit pas. Pour un importateur, les priorités sont claires :
Le produit sera-t-il disponible en continu ?
Le profil aromatique restera-t-il identique ?
La qualité sera-t-elle constante d’un conteneur à l’autre ?
Sur un marché de volume comme le Maroc, la fiabilité logistique et la constance du produit scellent la pérennité du partenariat commercial.
14. ACHETER DU THÉ, C’EST ACHETER UN SAVOIR-FAIRE D’ASSEMBLAGE
Le thé distribué à grande échelle n’est que rarement issu d’une seule parcelle ou d’une récolte unique. Les maîtres de thé travaillent sur différents grades, récoltes et terroirs pour composer un profil précis répondant à un cahier des charges rigoureux. Cette maîtrise de l’assemblage garantit l'équilibre entre goût, couleur, intensité, stabilité et compétitivité tarifaire sur le long terme.
15. LE MAROC N’EST PAS SEULEMENT UN MARCHÉ : C’EST UN SAVOIR-FAIRE DE CONSOMMATION
Comprendre le marché marocain ne se résume pas à analyser des statistiques douanières. Il s’agit de saisir comment le thé est infusé, à quels moments il est partagé et ce que le consommateur attend de sa première gorgée. Pour un exportateur, connaître les terroirs chinois est un prérequis ; comprendre la tasse du client final en est un autre, tout aussi décisif.
16. LE MARCHÉ ÉVOLUE, MAIS LES FONDAMENTAUX DEMEURENT
Si le marché marocain reste ancré dans sa fidélité historique au thé vert chinois, le paysage concurrentiel s’affine : les marques locales structurent leurs réseaux de distribution, soignent leur identité visuelle et montent en gamme. Comme le soulignait Euromonitor en 2025, la notoriété de marque, la qualité du packaging et la force de distribution sont devenues des facteurs clés de succès aux côtés de la qualité brute de la feuille.
17. CHINE & MAROC : UNE RELATION QUI VA BIEN AU-DELÀ DU THÉ
L’histoire du thé entre la Chine et le Maroc est avant tout celle d'une rencontre féconde :
Une feuille soigneusement cultivée sur les terroirs chinois,
Un savoir-faire de transformation hérité de plusieurs générations,
Un voyage maritime au long cours vers l’Afrique du Nord,
Et une renaissance au creux d’une théière marocaine, sublimée par la menthe et le partage.
Le thé est chinois par son origine, marocain par son rituel, et universel par les liens qu’il crée.
DU THÉ CHINOIS À LA TASSE MAROCAINE
Chez Thé Buffle, nous considérons que l’exportation de thé vert ne consiste pas simplement à expédier des conteneurs. Notre métier repose sur la compréhension intime d’un marché, de ses exigences et de ses rituels, afin de sélectionner et d'assembler les thés les plus adaptés.
Le Maroc est le partenaire historique du thé vert chinois. Sa fidélité illustre une vérité essentielle : un thé d’exception est un thé qui rencontre parfaitement son marché.
Et derrière chaque grand marché, il y a toujours une tasse partagée.
Thé Buffle — Le savoir-faire du thé chinois au service des marchés africains.